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BEN GUERIR AIR BASE OF USA

Les "grands" ne sont "grands" que parce que nous sommes à genoux Levons-nous!

Le miracle Benguerir


 Le miracle Benguerir

Bienvenue à Benguerir (DR)
Grillades, poussière, décor de western-spaghetti... telle était l’image de la bourgade. Ecologie, pôle urbain, zone de développement industriel... telle sera la cité à l’avenir. Benguerir sort de sa chrysalide grâce à deux atouts imbattables : le phosphate et Fouad Ali El Himma. D’un côté l’OCP bâtit une ville verte, de l’autre le conseiller royal fait des pieds et des mains pour le bled où il a vu le jour.

Un bâtiment commence déjà à s’élever à un endroit qui était encore vide deux semaines auparavant. Sous un soleil d’hiver, des dizaines d’ouvriers s’activent sur l’immense chantier. Les drapeaux fixés aux grues, à l’occasion de l’inauguration par le roi en novembre 2012, flottent encore. C’est ici que la ville verte de Mohammed VI s’étendra sur 650 hectares pour un investissement de près de 5 milliards de dirhams. Sur un espace vide, soumis au climat aride de la région, l’OCP a décidé de créer une ville nouvelle qu’il a appelée par réflexe pavlovien, “Mohammed VI”.
La matrice de la nouvelle cité sera son campus universitaire, qui accueillera un lycée d’excellence, une université Polytechnique et une école de management industriel. Autant d’antres du savoir qui travailleront en partenariat avec des institutions internationales prestigieuses comme l’École des mines de Paris, HEC Paris et le MIT (Massachusetts Institute of Technology) aux États-Unis. Dès septembre 2013, l’école de management ouvrira ses portes aux premiers élèves qui jouiront de nombreux équipements sportifs et d’une résidence, jouxtant les appartements des enseignants et des chercheurs. A la rentrée de 2014, tous les bâtiments seront prêts et accueilleront 12 000 personnes.
Ce campus à l’américaine est le “cerveau de la ville nouvelle”, explique Youssef Sefouane, jeune énarque qui pilote le projet à l’OCP. “Sa colonne vertébrale sera la Coulée verte”, ajoute-t-il, en montrant une  bande de terre, succession de petites oasis qui s’étalera sur quatre kilomètres. Pour le moment, 6000 arbres y ont déjà été plantés. A terme, ils seront 50 000, une forêt créée de toutes pièces, là où il ne poussait pas un brin de gazon.
“Cette succession de pluie et de soleil est parfaite pour la croissance des arbres”, s’enthousiasme Youssef Sefouane devant le morceau de terre témoin qu’il a présenté à Mohammed VI lors de la visite royale. On peut voir à quoi ressemblait le sol avant l’opération de verdissement : des tas de cailloux. L’opération est une véritable “reconquête du milieu aride”, précise Youssef Sefouane. Ecolo, intello, moderne : voici le credo de la ville verte Mohammed VI.
“N’allez pas croire que nous bâtissons cette cité nouvelle par pure philanthropie”, prévient un cadre de l’OCP. La recherche et le développement seront d’une grande utilité à l’Office qui trouvera sur le campus les ingénieurs de demain, spécialisés en chimie, mines, développement durable ou en énergies renouvelables. Bref, pour résumer : “Tout ce que nous faisons ici est créateur de valeur pour l’entreprise et pour le pays”, ajoute notre cadre. Dont acte.

Pôle de peuplement

Mais le choix de Benguerir, fief d’El Himma, a tout de même soulevé des questions quant au casting du site. “Ce n’est pas un cadeau fait au conseiller royal comme l’ont cru certains”, tient d’emblée à rassurer un membre du top management de l’OCP. “C’est avant tout un choix stratégique et entrepreneurial. Benguerir est notre deuxième centre de production après Khouribga, et constitue le barycentre de nos activités”, surenchérit-il. Vous invitant à regarder la carte des sites d’exploitation de l’OCP, il vous prouve en bon ingénieur sûr de son fait que Benguerir est bien au carrefour de toutes les cités où l’on exploite des mines de phosphate : Khouribga, Safi, Youssoufia et Laâyoune, autres mines exploitées par l’Office.
Sortir une ville de terre, aussi vite à partir d’un paysage aride, a aussi sa réponse au sein du staff de l’OCP. Ce n’est pas un fait du prince, en l’occurrence un cadeau de Mohammed VI pour son copain, mais la résultante d’une maîtrise du foncier par l’OCP. Les terres sur lesquelles s’étalera la ville verte étaient déjà propriétés de l’Office. Contents de l’avancée des travaux, les artisans du projet pensent pouvoir attirer d’ici à 25 ans 90 000 habitants. En plus des étudiants et des chercheurs, l’OCP compte sur l’installation des militaires de la base toute proche, ainsi que sur les fonctionnaires en quête de logements depuis que Benguerir est devenue chef-lieu de la nouvelle province de Rhamna.
L’ouverture prochaine d’une deuxième gare augure de la création d’une ligne rapide entre Marrakech et Benguerir, et nombreux sont ceux qui, de la ville ocre, pourraient décider d’emménager dans la ville verte qui présentera d’indéniables atouts : une large place laissée aux zones piétonnes, l’utilisation de bus électriques non polluants et silencieux, etc. 
Bientôt, projette l’OCP, la ville existante de Benguerir et la ville verte ne formeront plus qu’un large tissu urbain, lié et uni par la Coulée verte. “La ville verte ne relèguera pas Benguerir au statut de mdina qdima. Bien au contraire, elle la tirera vers le haut”, tient à préciser Youssef Sefouane. Beaucoup d’habitants l’espèrent en tout cas, à l’image de Khadija El Idrissi, membre de l’association Chourouq pour la réinsertion des femmes : “On ne peut pas créer une ville aussi moderne et ne pas mettre à niveau l’ancien Benguerir. Nous devons profiter de l’effet d’entraînement de la ville verte”.


Ville en plein boom

Les vœux de Khadija El Idrissi seront bientôt exaucés. A quelques encablures du mégaprojet de l’OCP, la bourgade de Benguerir est en train de devenir une cité à part entière. L’avenue Mohammed V, son artère principale, est méconnaissable. Il y a peu encore, elle faisait six mètres à peine de large et était envahie par des cars de passage, des ânes et des charrettes. “Il y avait tellement de poussière que certains en avait tiré une blague. Ils affirmaient que cireur de chaussures était le seul métier d’avenir de la ville”, raconte un habitant. Aujourd’hui, l’avenue est pavée et les fameuses échoppes de grillades qui ont fait la célébrité de Benguerir possèdent des vitrines frigorifiées financées par l’INDH. “Jusqu’en 2008, on s’y arrêtait pour acheter une bouteille d’eau, manger et rien d’autre. C’était ça l’image de la ville”, souligne Khadija El Idrissi. 
Une odeur de béton est venue depuis concurrencer les effluves de grillades. Dans tout Benguerir, des grues s’élèvent, des bâtiments se construisent, les fontaines se multiplient, des palissades encerclent des chantiers à venir. Toute cette effervescence urbanistique est la partie émergée d’un travail de mise à niveau des infrastructures de Benguerir. En 2008, la ville est partie de zéro : “Ce n’était pas un bidonville mais un bétonville, relève l’ingénieur de la province. Les habitants possédaient le smig en termes d’infrastructures : l’eau potable dans les foyers était rare, l’éclairage public quasi inexistant et les avenues importantes n’offraient pas plus d’un kilomètre de voie carrossable”.
En 2012, à peine quatre ans plus tard, Benguerir a fait un saut quantique dont les habitants ne reviennent pas. Les travaux d’infrastructures menés au pas de charge sont achevés pour 80%. Et Benguerir a même réussi à intégrer quatre douars devenus des quartiers de la ville. Cet apport en nouveaux citadins a porté la population de la cité à 75 000 âmes contre 60 000 auparavant. Des habitants de zone périurbaine qui, bientôt, vivront comme des citadins à part entière. Ils bénéficieront d’équipements urbains que l’ingénieur de la province feuillète dans un classeur. Un coup d’œil indiscret permet de découvrir les plans de la future zone industrielle, de la salle d’expositions et des dizaines d’équipements d’un montant à sept chiffres.
Le boom de Benguerir a entraîné une spéculation foncière de promoteurs privés qui ont misé sur l’essor de la ville. “Le prix du terrain a été multiplié par 6, passant de 400 dirhams le m2 à 2500. Il peut monter jusqu’à 10 000 dirhams pour une zone R+4”, relève le responsable local d’Al Omrane. Il a désormais un mal fou à trouver des terrains libres, depuis que son institution publique est concurrencée par neuf promoteurs privés en quête d’espaces à construire en ville.


Y a de l’embauche ?

Le bâtiment va bien à Benguerir. C’est un fait en béton armé. Reste l’autre souci essentiel de la population : le boulot. “Le travail est primordial pour la population”, lâche un cadre de l’OCP. Derrière lui, les bâtiments flambant neufs de Rhamna Skills, un programme financé par l’Office pour lutter contre le chômage qui frappe la région. Des jeunes entrent et sortent par grappes des salles nickel chrome où leur sont dispensées des formations pour accéder au marché du travail ou créer leurs entreprises. Pour la grande majorité boursiers de l’OCP, ils sont 800 du cru à bénéficier du programme chaque année. C’est que la ville ne déroge pas à la règle qui prévaut depuis les émeutes de Khouribga en 2011 : l’Etat a délégué à l’OCP le rôle de calmant social, lui refilant la patate chaude de l’emploi sur les sites où l’Office opère. “Le phosphate est vital et on veut éviter la contestation sociale inhérente à l’absence d’emploi. C’est ce qui a poussé, entre autres, l’Etat à se bouger dans la région”, commente Khadija El Idrissi.
Elle compte bien entendu sur l’OCP, mais considère que le tout phosphate ne peut pas être la seule solution. “Nous devons miser sur la création d’emplois locaux en dehors de ce secteur. Des métiers liées au développement commercial de la ville”, explique-t-elle. Khadija El Idrissi y travaille. Elle a reçu, clé en mains de l’INDH, un centre où son association forme une trentaine de femmes à la couture, la cuisine et l’informatique.  “C’est un travail de longue haleine sachant que nous avons un taux d’analphabétisme chez les femmes supérieur au taux national”, déplore-t-elle.
Cette militante est revenue au pays pour saisir les nouvelles opportunités qui s’offrent à elle. Native de la région, elle s’est réinstallée à Benguerir après avoir ouvert un cabinet d’avocats à Marrakech. Elle sent que la ville bouge enfin après des années de léthargie : “Des jeunes partis tenter leur chance dans d’autres régions reviennent car ils considèrent avoir un avenir ici”.
Benguerir commence même à attirer de jeunes entrepreneurs. Khalid, 34 ans, a déplacé sa petite société de PAO-DAO de Kelaât Sraghna à Benguerir. Le nouveau statut de chef-lieu de province de la ville l’a convaincu que de nouveaux marchés s’offraient à lui. Il le voit jour après jour : le tribunal est déjà sorti de terre, d’autres bâtiments provinciaux sont en cours de construction. Et avec eux, leur lot de besoins. “Je travaille beaucoup avec les administrations qui se sont installées. Et, à l’avenir, je compte sur les sociétés qui ne manqueront pas de s’établir dans leur foulée”, projette Khalid.


Le levier El Himma

Encaissé dans une petite rue de la ville, annoncé par une simple pancarte, le siège de la Fondation Rhamna pour le développement durable étonne par sa modestie. Le local est sans commune mesure avec son rôle de catalyseur du développement local depuis sa création par Fouad Ali El Himma en 2007. Cette année-là, le conseiller royal, adepte des méthodes des cabinets conseils américains, a demandé à ses troupes au sein de la fondation d’établir en premier lieu un diagnostic territorial. Député de la région, Fouad Ali El Himma avait promis de sortir Benguerir des oubliettes de l’histoire. Pour respecter son engagement, il se dote, d’entrée de jeu à travers une fondation, d’un bras armé dans le secteur associatif. L’idée brillante lui permet aujourd’hui de garder un pied à la maison, même si Mohammed VI l’a rappelé à Rabat depuis sa nomination comme conseiller royal.
“Si Fouad a cru d’emblée que la société civile pouvait œuvrer activement au développement”, explique Mohamed Kamal, secrétaire général de la fondation. Sitôt dit, sitôt fait. Un an après sa création, la  fondation a cosigné douze conventions en 2008 pour un montant de 7 milliards de dirhams, suivies dans la foulée par sept autres conventions parachevées en 2010. “La population a ressenti qu’elle était enfin prise en considération puisque Mohammed VI et plusieurs ministres se sont déplacés ce jour-là”, commente Khalid Mesbah, membre de l’AMDH local. Ce beau tour de force d’El Himma a permis à sa fondation de devenir le pivot du développement à Benguerir pour les projets nationaux de mise à niveau de la région. Et d’avoir aussi son mot à dire à propos des projets locaux. Sous la houlette d’El Himma, la structure a initié quelque 300 projets, la plupart visant à une rénovation ou à la création d’infrastructures, avec pas moins de cent partenaires. Le mode opératoire est souvent le même. Une association locale est choisie ou créée ex-nihilo, à laquelle on confie les fonds puisés auprès de structures à la force de frappe indéniable : Al Omrane, l’OCP, l’INDH… Et les résultats suivent. Un exemple parlant : en 2009, Benguerir ne possédait qu’un car scolaire, acheté par le ministère. En 2012, 55 véhicules se chargent de transporter les enfants à l’école. Les 54 nouveaux véhicules ont été achetés par divers organismes, parmi lesquels l’INDH et l’OCP. Chargée d’initier le changement dans la ville, la fondation s’attelle aussi à faire le go-between entre institutions et population lors des lancements de grands chantiers, prévenant en amont toute protestation possible en expliquant patiemment aux habitants les intérêts de tous ces bouleversements. 
Le modèle “Fondation Rhamna” a créé des émules, à en croire son SG, Mohamed Kamal, qui, pas peu fier, glisse : “Lors de la dernière visite royale, le souverain a conseillé au ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, de suivre l’exemple d’une de nos actions, lancée pour venir en aide aux petits agriculteurs”. Un ingénieur de la région surenchérit : “J’ai parlé du mécanisme de développement mis en place à Benguerir à des collègues officiant dans d’autres régions. Tous parlent de le reproduire chez eux !” 

Union sacrée

“La population considère Fouad Ali El Himma comme un sauveur qui va les sortir enfin de la pauvreté. Il suffit de faire un tour dans les douars avoisinants et vous verrez l’image positive qu’il a auprès des gens”, souligne Mohamed Kamal de la Fondation Rhamna. El Himma a ce statut de Zorro même auprès du tissu associatif local, qui oublie la grande politique pour vanter ses mérites de régional de l’étape. “à Casablanca et à Rabat, vous voyez El Himma comme un homme du Makhzen. Ici, on s’en fout. Ce qui nous préoccupe c’est son travail pour l’essor de la ville et de la région”, lâche un militant associatif du cru. En effet, les associations locales, qu’elles soient orientées à gauche ou dépendantes d’Al Adl Wal Ihsane, ne voient pas en El Himma juste le fondateur du PAM. L’homme est perçu avant tout comme le président de la Fondation Rhamna, un acteur incontournable de la société civile avec qui elles travaillent en bonne entente. “L’essentiel, c’est que la ville bouge. Peu importe qui est derrière. Pour nous, c’est avant tout un droit au développement après des décennies d’abandon”, explique ainsi Khalid Mesbah, membre du parti d’extrême-gauche PADS et de l’AMDH locale.
La belle unanimité autour d’El Himma tient -cela va s’en dire- aussi au fait qu’il a les moyens de se faire entendre à Rabat. “J’ai protesté pendant 20 ans sans rien voir venir. Personne ne me répondait, contrairement à aujourd’hui”, confie Mohamed Saïd Bensellam, pour souligner le rôle de porte-voix d’El Himma. Premier avocat à s’être installé à Benguerir à la fin des années 1970, l’homme s’est investi dans l’action associative et fait fi de son étiquette USFP depuis qu’il voit des projets concrets voir le jour à Benguerir.
C’est qu’en ville, des années d’abandon ont appris à tous le pragmatisme et à trouver du bon au principe du puissant qui s’occupe des siens. “Il est tout à fait normal qu’un homme fort participe au développement de sa région. André Azoulay et Aziz Akhannouch font la même chose respectivement pour Essaouira et le Souss”, justifie Mohamed Kamal. “Le jour où la régionalisation sera mise en place, on pourra se passer de ce système”, abonde dans ce sens un acteur associatif.  
Le type qui a réussi et n’a pas oublié son bled natal, ça parle aussi à Abdelmalek Bousselham. Lui a rejoint la Fondation Rhamna dès sa création, après avoir entendu un discours de Fouad Ali El Himma lors de la campagne électorale pour les législatives de 2007. Pourtant, Bousselham avait plutôt  le cœur à la contestation en tant qu’ancien membre de l’AMDH et d’Attac Maroc. Il a fait le coup de poing contre les forces de l’ordre en 2005, à l’époque où il était raïs des ferracha, à la tête de 300 marchands ambulants de la ville. Un acte qui lui a valu 73 jours de prison. Aujourd’hui, il ne croit plus à cette forme de contestation. L’important pour lui, c’est que “Si Fouad fait du bien à la ville”, confie-t-il, en faisant visiter le parc Prince Moulay Hassan de trois hectares inauguré en janvier 2010. “C’est devenu le lieu de rassemblement des familles qui y pique-niquent le week-end. Les jeunes qui étaient désœuvrés viennent jouer au football et au basket sur les terrains aménagés. En été, ils fréquentent la piscine à ciel ouvert construite à l’intérieur du parc”, se félicite Bousselham.
Les seules voix discordantes qui se sont fait entendre en ville ont été celles du 20 février. Et encore, le mouvement n’a réussi à regrouper qu’une infime minorité des chômeurs scandant des “El Himma dégage”. Sinon, RAS.
Benguerir aime son bienfaiteur qui a définitivement la cote à domicile.

Chiffres clés


La région de Rhamna est encore bien en dessous de la moyenne nationale sur plusieurs indicateurs de développement.

• L’indice de pauvreté y est de 16 contre un indice national de 9. Soit près du double.

• 64% des foyers ont accès à l’eau potable contre 89% pour le Maroc.

• Le taux d’électrification est de 78% contre 97% à l’échelle nationale.

• Un lit d’hôpital disponible pour 6622 personnes contre un lit pour 1521 habitants pour l’ensemble du royaume.

• Un médecin pour 6930 personnes contre un médecin pour 1521 habitants au Maroc. Soit plus de quatre fois moins.

• Une maison de jeunesse pour 112 795 personnes contre une moyenne de 66 162 habitants  à l’échelle nationale. Soit deux fois moins. 


La ville rattrape peu à peu son retard en termes d’infrastructures.

• Création d’une nouvelle gare et rénovation des lignes existantes : 600 millions de dirhams.

• Centre de traitement et de recyclage des eaux usées : 200 millions de dirhams.

• 30 projets d’établissements sociaux de proximité pour plus de 98 millions de dirhams.

• Centre régional de formation des athlètes d’un coût de 37,5 millions de dirhams.

• Rénovation de façades, création de complexes de services (abattoirs, halle aux poissons, marché de gros, etc.) pour environ 25 millions de

dirhams.

• Hôtel pédagogique de l’OFFPT : un investissement de 20 millions de dirhams.

• Rénovation de l’hôpital, ouverture d’un centre de santé et d’un centre d’hémodialyse : 20 millions de dirhams.  



Festival. People à Rhamna
Le festival Awtar créé par Fouad Ali El Himma a été deux ans de suite the place to be pour les hommes politiques, capitaines d’entreprises et les artistes. On trouvait autant de V.I.P dans la fosse que sur scène : Khaled, Yassir Zenagui, Miloud Chaabi, Samuel Kaplan, Hajja Hamdaouia, Salahedine Mezouar, Driss Lachgar, etc. Les sponsors étaient tout aussi nombreux : de Maroc Telecom à Addoha en passant par CGI Développement. Que du lourd. Pour s’assurer une place au “festival-de-l’ami-du-roi”, certains artistes et  personnalités démarchent d’elles-mêmes le staff et vont jusqu’à proposer de prendre en charge leur hébergement. Alors, pourquoi le festival s’est-il arrêté en si bon chemin ? Officiellement, la non-tenue du festival en 2011 et 2012 est due à un recadrage tactique : il fallait se concentrer sur des projets de développement primordiaux avant d’organiser des fiestas. Officieusement, Awtar a été annulé par peur des manifestations : “Il était trop risqué de dépenser de l’argent pour de la musique en pleine contestation sociale.  Nous avons préféré mettre le festival entre parenthèses”, explique un membre de l’organisation.  



99% des terres appartiennent

99% des terres appartiennent à l'ocp et puis tamenyarte est un peu loin de là où ils veulent construire la ville verte

A la mode de chez nous

Du déjà vu, plusieurs fois répété, c'est le scénario des régions dont le fils prodigue est au sein du sérail ! Oujda et Osman, Settat et Basri, Essaouira, agadir... A chaque fois c'est quelqu'un qui vient, projets en main, avec la bénédiction royale pour faire ce que les élus n'ont pas su ou pu faire, faute de moyens, de ressources ou d'idées ! Une sorte de régionalisation personnalisée, selon la carrure de l'intervenant. Cela revient à se demander, à quoi servent les deux chambres ? Mécénat ou bénévolat, qu'importe. Toujours est-il que les élus de la région se retrouve au chômage puisque tout sera fait pour eux sans avoir à lever le petit doigt, ni émis la moindre idée. Une autre manière de ménager leur substance grise pour d'autres rêveries, au fond de l'amphi. Trop fatigués pour lire le projet ou derniers à savoir qu'il y a un projet pour leur région ? Quand donc comprendront-ils que la régionalisation, droit désormais constitutionnel, est une nécessité qui relève de leur compétence et de leur revendication légitime ? Le savent-ils ?
Une autre preuve de l’inefficacité des discours parlementaires et de cette stature creuse qui ne sert qu'à les rapprocher des opportunités financières, le peuple lui, que la magne vienne d'ici ou d'ailleurs, pourvu que le chômage diminue et que le niveau de vie augmente. Le géant OCP soigne son image en arrivant à Ben Guerir en jouant au saute mouton avec Khouribga, Oued Zem, Souk Sebt des wlad Nemma...
En attendant qu'ils enfantent d'autres fils prodiges, leur miracles n'est pas pour demain !

Gar
dons les pieds sur terre

Ne pas reconnaître le changement à Benguérir serait de la malhonnêteté intellectuelle. Vous avez donc excellé dans cet exercice à un détail prés : « Les terres sur lesquelles s'étalera la ville verte» ne sont pas TOUTES propriétés de l'Office!
Environ 62 hectares sont actuellement disputés entre l'ocp et des paysans du douar Tamnirte sans qu'aucune solution ne soit trouvée. Ces terrains, ils étaient expropriés par l'ocp dans les années 80 pour explorer du phosphate et non pour construire des villas. Normal si les habitants revendiquent aujourd'hui leur droit.
Il y a donc urgence et le diable est dans les détails, dit-on.
A bon entendeur salut !



Ce 20 juin du 1981, la police anti-émeutes ouvrait le feu sur une foule manifestant à Casablanca

les corps des émeutiers de la faim éxhumés au Maroc

Le cimetière de fortune est ouvert, là, dans la caserne principale des pompiers de Casablanca. Et, samedi soir, les autorités ont commencé à inhumer la centaine de dépouilles qui s'y trouvaient, dans des tombes individuelles creusées dans une parcelle voisine.
Sans que les familles ou les journalistes puissent y accéder. C'était sous le règne de Hassan II, pendant les «années de plomb».
Ce 20 juin 1981, la police anti-émeutes ouvrait le feu sur une foule manifestant à Casablanca contre l'augmentation du prix des produits alimentaires.
Le gouvernement ne reconnaîtra que 66 morts. Mais, pour les syndicats, «plusieurs centaines» de personnes avaient été tuées et enterrées dans sept lieux de différents quartiers de la capitale économique du Maroc.Les dépouilles découvertes samedi montrent que ce bilan est plus proche de la réalité, puisque 114 corps au total ont été retrouvés * dont 33 au «cimetière des martyrs», la principale nécropole de Casa.Faire la lumière. C'est un amateur de football qui, selon une source judiciaire, a permis de retrouver les tombes des émeutiers de Casablanca.
«Taraudé depuis vingt ans par cette affaire», cet homme aurait parlé à l'IER (Instance équité et réconciliation). Créée par le roi Mohammed VI et dirigée par un ancien détenu politique, cette commission vise à faire la lumière sur les exactions commises entre 1960 et 1999 par les forces de l'ordre.
Après les émeutes, des policiers en civil étaient venus signifier au footballeur qu'il ne pouvait plus utiliser, avec son équipe, le terrain vague où ils avaient l'habitude de jouer.
«Un mur a été édifié pour en interdire l'accès» et, le 20 juin 1981, ce terrain a été «retourné de fond en comble».Les noms des 114 victimes ayant été retrouvés dans les archives de la morgue de l'hôpital Averroès, l'IER devrait lancer un appel aux familles pour l'identification et la «remise des corps». Celles-ci redoutent cependant que l'inhumation des corps dans des tombes individuelles fasse disparaître des indices indispensables pour poursuivre les auteurs des tueries.La découverte, pour la seconde fois ces dernières semaines, de restes de victimes des années de plomb survient au moment où l'IER a remis son rapport final au roi. Si celui-ci n'a pas encore été rendu public, il est cependant l'objet des critiques de plusieurs associations de droits de l'homme qui lui reprochent globalement de ne pas aller assez loin dans la recherche de la vérité et de ne rien apporter de neuf, notamment dans l'affaire Ben Barka, l'opposant enlevé à Paris et assassiné en 1965.
ecrit par :AL motawakil

Connaissez vous Ahmed Rami ?

Rami voulait libérer les musulmans du Maroc

Citation: Il y a plus de 25 ans de cela, le roi Hassan II donnait l'ordre de traquer et de ramener au Maroc le lieutenant Ahmed Rami.
Rami avait en effet participé au moins à deux tentatives de coup d'Etat militaire, visant à abolir la monarchie et fonder une République Islamique.
Les services secrets marocains ne furent pas capables d'exécuter l'ordre royal.
Aujourd'hui, cet homme sympathique, plein d'une jeune vigueur et incroyablement énergique, est à la fois l'une des personnes les plus populaires et les plus haïs de Suède.
Ses prises de positions politiques sont discutées au Parlement suédois, et aussi, nous a t'on dit, dans les réunions gouvernementales. Rami a écrit et publié quatre livres épais.
Dans ces ouvrages, il démontre avec des arguments convaincants qu' en Suède, et dans tous les autres pays occidentaux, les bases de la vie nationale sont minées.
Les pays de l'Ouest sont gouvernés en réalité par des conspirations mafieuses qui n'ont rien en commun avec la vraie démocratie, mais essayent de réaliser leur but machiavélique, l'introduction d'un "Nouvel Ordre sioniste Mondial" totalitaire.
Rami, aujourd'hui citoyen suédois, n'a jamais cessé de le répéter sur les ondes de Radio Islam.
En plus de cela l'histoire d'événements qui ne sont pas si éloignés dans le temps est réinterprétée dans l'intérêt du "peuple élu ".
Mais la réalité et la vérité sont différentes de ce qui est montré à la télévision et enseigné à l'école.
Et quelle sorte de liberté, d'indépendance et de démocratie est-ce donc, quand le pouvoir tout entier et l´avenir des peuples est entre les mains d'une minorité? Telle est la situation en Suède.
Au sein du précédent gouvernement, le poste très important de ministre de la coordination gouvernementale était occupé par Jan Nygren, un représentant de la mafia sioniste.
Il ne chercha à dissimuler d'aucune façon qu'il se considérait comme le maître de la Suède.

Sous quel gouvernement, social-démocrate ou conservateur, cette influence d'une minorité s'est le plus mise en avant?

-"Peu important quel gouvernement dirige le pays.
La différence entre la gauche et la droite n'est rien d'autre qu'un leurre. En réalité, le pouvoir est détenu par ceux qui possèdent et contrôlent les capitaux financiers du pays et les médias de masse.
Je le dis ouvertement: En Suède, tous les partis politique sont entièrement juivés.
Le combat actuel n'est pas une lutte entre la droite et la gauche comme le pense les gens, mais entre les différents clans sionistes.
Ils ne luttent pas pour le bien du pays, mais pour leurs propres gains personnels.
Tous les partis politiques suédois sont dominés par les juifs

" Y a t'il de nombreuses personnes en Suède qui partagent votre point de vue?

-"Non, pas tant que ça. Vous savez, sous l'influence d'un tel terrorisme intellectuel juif qui domine, il est très difficile pour la plupart des gens de prendre leur courage à deux mains.
C'est probablement leur instinct de conservation primaire qui fonctionne. Chacun est attaché à ses petites commodités, à ses bons repas bien arrosés, et souhaite être le moins possible accablé par les problèmes. Mais il y a toujours un certain nombre d'individus qui réagissent positivement aux émissions de Radio Islam. Je reçois des dizaines, pour ne pas dire des centaines de lettres, et parmi elles plusieurs provenant d'autres pays. Grâce à l´ Internet, il est devenu plus facile de communiquer et d'échanger des informations.
J'espère être à même de trouver aussi des gens en Russie qui partagent mes convictions.
Les nouveaux esclavagistes continuent de craindre votre pays, bien qu'ils aient réussi à le morceler.

" Aimeriez-vous voyager en Russie? "

Je pense que cela serait vraiment dangereux. Dans votre pays, la criminalité aujourd'hui est pire encore qu'aux Etats-Unis. D'après les informations que j'ai, beaucoup d'antisionistes sont morts dans d'étranges circonstances. Morts au cours d'une visite médicale banale (bien qu'ils n'aient jamais eu aucun problème de santé), ou ils ont été écrasés et tués par un car, tandis que d'autres ont été retrouvés pendus. Dans aucun des cas les meurtriers n'ont été pris, plus exactement ils n'ont pas été poursuivis.
Les journaux suédois (et vous savez à qui ils appartiennent et qui les contrôle) parlent constamment de votre pays comme "une menace".
Il est décrit comme "un paradis pour la mafia" et est "un danger pour la Suède". La Russie a toujours été, et demeurera toujours la plus grande menace pour le "peuple élu", qui la craindra toujours, même si elle semble aujourd'hui vaincue et difficilement capable de respirer après tant d'expériences menées sur elle par ces surhommes "élus".
Je suis parvenu à cette conclusion en lisant les articles russophobes qui grouillent dans la presse suédoise.
Certains d'entre eux sont écrits par un goy (un non-juif et un non-humain d'après le judaïsme), un ***** utile pour Israël en Suède, Per Ahlmark. Et ce n'est absolument pas une coïncidence si Israël a donné en son honneur son nom à une forêt nouvellement plantée sur des terres volées aux palestiniens. Ahlmark a été aussi gratifié de la qualité d'Etre Humain ("Ben Adam") par la communauté juive du Danemark!

" N'avez-vous pas peur de vivre en Suède?

-"Un croyant n'a peur de rien. Je suis habitué aux menaces, et depuis peu une violente campagne presse juive est menée contre moi et Radio Islam. Mais à Stockholm, vous pouvez toujours dire ce que vous pensez, même si vous n'avez pas tant de sympathisants que cela.
Partout dans le monde, pour les mafieux, les jeux sont fait et ils se considèrent comme victorieux. Pour eux, la question est classée une fois pour toutes, et manifestement, vous ne pouvez être en sécurité nulle part si vous défendez la vérité. Encore aujourd'hui, j'ai reçu une lettre dont le contenu était le suivant: "Sale porc d'arabe, qu'est-ce que tu crois pouvoir accomplir? Nous rions de tes efforts minables. Nous adorons écouter tes émissions après une bouteille de vodka. Nous avons le monde entier à notre poigne. Et quand nous le voudrons, tu disparaîtras de la surface de la terre comme une mouche, et personne ne n'élèvera la voix, ni même ne remarquera ta disparition.

" Mais quelle est la vraie cause pour laquelle vous luttez?

-"Je lutte pour une cause pour laquelle chaque homme devrait à mon avis lutter, à savoir la liberté et la justice. Dans ce monde, créé par Allah, nul ne devrait avoir de monstrueux privilèges, et cela comprend la mafia sioniste, qui s'est appropriée d'incroyables richesses à l'aide des mensonges, des ruses insidieuses, des fraudes et d´escroqueries. Agissons pour que les palestiniens, les suédois, les russes, les français, les arabes et les autres peuples puissent devenir les égaux de ceux qui se sont auto-proclamés le "peuple élu" supérieur à tout autre! Je suis un musulman, et cela signifie que je suis opposé à tous les privilèges, spécialement ceux qui sont uniquement fondés sur le pouvoir et la loi du plus fort. J'espère m'être exprimé simplement et clairement, et j'espère que vous comprenez quelles sortes d'individus qui n'apprécient pas mes pensées et mes actes." *** D'aucun pourrait peut-être qualifier Ahmed Rami de paranoïaque, ou de personne obsédée par une idée fixe. Pour ma part, je le vois comme une personne qui, grâce à sa dévotion personnelle exceptionnelle, nous aide à différencier toujours le bien du mal, la vérité du mensonge, la liberté de l'esclavage. Nous pouvons seulement trouver regrettable que des idéalistes comme Rami soient si peu nombreux dans notre monde trop pragmatique, là où il est toujours plus avantageux d'être fourbe et de s'adapter plutôt que d'être fidèle à soi-même. Ahmed Rami ne peut pas être acheté. Pour cette raison, il est détesté et il est un danger pour tout ceux qui défendent le "Nouvel Ordre Mondial", à la fois en Suède et partout ailleurs. Valentin Prussakov

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L´ interview du Maroc-Hebdo avec Ahmed Rami

Cet article est également traduit en Anglais et en Suèdois Ahmed Rami Le lieutenant Ahmed Rami Après un exil de vingt deux ans, l´acteur de deux tentatives de coup d´Etat militaire parle.. . Propos recueillis par Mustapha Tossa Ahmed Rami est né en 1946 à Tafraout au Maroc. Il a fait ses études secondaires à Tiznit au sud du Maroc. De 1963 à 1966, il est professeur d´arabe à Casablanca au Lycée Mohamed V, au Lycée Fatima Zahra et à l´Ecole Normale des Institutrices. En 1966 il rentre à l´Académie militaire marocaine de Meknès pour être muté, deux années plus tard, à l´Etat-major des blindés au camp Moulay Ismaïl de Rabat. Il participe aux deux tentatives de coup d´Etat militaire au Maroc: celle de Skhirat en 1971 et celle de l´attaque du Boeing royal en 1972. Après une année de disparition dans la cladestinitée, il gagne la Suède en 1973 où il obtient l´asyle politique et la nationalité suédoise. Après avoir été militant UNFP (Union Nationale des Forces Populaires), Ahmed Rami se présente aujourd´hui comme militant islamiste, mais d´un "islamisme [dit-il] qui dépasse le débat sur le folklore et les rites". Autodidacte, il a publié de nombreux ouvrages, en suédois, langue de son pays d´accueil, sur la question palestinienne, l´Etat d´Israël et les rapports conflictuels entre Musulmans et Juifs. Vingt ans ont changé Ahmed Rami. Aujourd´hui, il croit au dialogue politique pacifique à condition que "toutes les libertés soient garanties au sain d´un Etat de droit". Maroc-Hebdo

Détails sur les relations secrètes entre Israël et le Maroc

Selon l´AFP 19 août 2005 :





Pourquoi le Maroc ne rompt pas ses relations avec Israel?


- L'intrusion du Mossad au Maroc s'est faite par des voyages clandestins de nombreux agents du Mossad et de leur chef Isser Harel, entre 1958 et 1960.
- C´est parce que le Mossad a fbriqué de toutes pièces et fourni des renseignements "très précis" quant à un complot visant "à tuer le prince héritier" - en février 1960 - que les relations entre le Hassan II et Israël ont débuté.- Selon l'ancien agent du Mossad, Yigal Bin-Nun, un exemple: une rencontre est arrangée - en février 1963 - chez le juif Benhamou, rue Victor Hugo à Paris, entre l'agent Yaakov Karoz et un représentant de Hassan II.- Selon Yigal Bin-Nun, Hassan II a voulu se rapprocher d'Israël parce qu'il était fasciné par les méthode brutales de l'occupation juive en Palestine, comme - auparavant - il a été fasciné comme - comme Moulay Hafid - par l´ occupation française au Maroc.- Beaucoup de petits despotes - tel que Hassan II - nostalgiques du colonialisme, de la loi da jungle, de l'occupation et de grand banditisme à grand échelon royal, étaient fascinés par la capacité d´Israël à écraser toute résistance.- Ben Gourion avait décidé d'opter pour créer et développer une ceinture d'Etats arabes vassales proche ou lointains mais dociles.-Le premier contacr entre Hassan et le Mossad eut lieu le 1er septembre 1958. Hassan II garda cette visite dans un secret total, préparant ainsi le terrain à "l'accord" conclu entre le Palais et Israël favorisant l'exode des Juifs du Maroc pour aider Israël dans son occupation à mieux vaincre démographiquement ses victimes Palestiniens Musulmans et Chrétiens.- Les officiers et agents de Hassan II se rendirent clandestinement en Israël et des politiques et militaires israéliens firent durant de longues années le chemin inverse. - Les archives nationales d'Israël regorgent de documents historiques qui retracent ces liens. Hassan II a souvent demandé aux Israéliens de le renseigner sur les Etats arabes favorables à un renversement de la monarchie alaouite. - Israël a aussi soutenu Hassan II dans sa "Guerre des Sables" avec l'Algérie en lui livrant des blindés. Des officiers de Tsahal et du Mossad ont formé et encadré la jeune armée royale et les services de sécurité dont le célèbre Cab-1, l'embryon de la DST. - En retour, et malgré l'envoi - en guise de camouflage - de troupes au Golan jugé "anecdotique", Hassan II n'a eu de cesse d´oevrer pour "normaliser" l'existence d´Israël auprès du monde arabe, en jouant par exemple un rôle capital dans l'accord de capitulation et de la neutralisation de l'Egypte qui coûta la vie au traître Anouar Sadate, ou encore d'ouvrir à Rabat et à Tel-Aviv des antennes diplomatiques.- Jusqu' à aujourd'hui Israël a continué à aider "technologiquement" le régime alaouite pour se maintenir au pouvoir.
- Le secret et les tabous ont toujours entouré les relations entre la monarchie au Maroc et l'Etat d'occupation Israël. Leurs liens sont souvent passés sous silence. Pourtant, ils existent bel et bien… Drôle de jeu auquel ils se livrent. Un couple qui semble avoir fait sien l’adage « pour vivre heureux, vivons cachés ». - Dernière polémique en date, les accusations portées à l’encontre du maire de Marrakech, Omar Jazouli, affirmant que ce dernier aurait signé un accord de coopération, le 22 février 2007 à Marseille, avec le maire de la ville israélienne de Haïfa, Yona Yahav. Le quotidien marocain Attajdid a carrément lancé un appel implicite à l’intifada contre l´nfiltration juive de la "normalisation" avec les occupants juifs. - Arguant des exactions croissantes des occupants Israéliens contre les Palestiniens, les Islamistes marocains refusent toute normalisation avec l’Etat juif. Et ce ne sont pas les seuls.
- Dès lors qu’il s’agit de l’Etat d'occupation juif occupant et usurpateur, aucune des personnes concernées n’admettra publiquement et ouvertement avoir un lien, de quelque nature que ce soit, avec Israël. - Et pour cause. Entre un conflit - relatif à l'occupation juive de la Palestine, entre juifs occupants d'un coté et musulmans et chrétiens résistants de l'autre - vieux de plus de près de 60 ans, un islamisme résistant, des peuples arabo-islamiques se développe rapidement et le contexte pour le régime de Hassan II - qui continue sans lui - ne se prête pas vraiment à la franchise.
- Pourtant, jusqu´à aujourd´hui, Mohamed VI et le Mossade continuent à entretenir des relations secrètes et très étroites. Visites de ministres israéliens au Maroc, travail de lobbying auprès de la communauté internationale…etc...
- Sur le plan diplomatique, Mohamed VI [en tant que "président du Comité Al Qods"(!!!)] - qui a hérité de son père cette relation "amoureuse" et illégitime avec le Mossad - affiche ainsi de manière plus ou moins ouverte, en fonction de la situation en Palestine, au Moyen-Orient et de la conjoncture politique internationale en général, sa volonté de "normaliser" ses relations avec Israël qui ne sont déjà que plus que "normales"! Le « bon élève » Mohamed VI est tout sauf désobéissant aux directives de ses maîtres juifs.- Sur le plan commercial, les relations alaouites-israéliennes semblent poursuivre paisiblement leur petit bonhomme de chemin, narguant la colère du peuple marocain. On estime à plus d’une centaine les entreprises israéliennes opérant plus ou moins au grand jour sur le territoire marocain, notamment dans le domaine agricole. - Et les entrepreneurs israéliens défricheraient le terrain pour leurs compatriotes diplomates juifs. - Côté israélien, les derniers chiffres - publiés par The Israeli Export and International Cooperation Institute - font état, pour le premier trimestre 2006, de 46 firmes israéliennes qui auraient exporté au Maroc pour un total de 2 millions de dollars, soit une augmentation de 23,5% des exportations par rapport à la même période en 2005.
- Business is business, a-t-on coutume de dire dans la tradition alaouite enjuivée. - La communauté juive au Maroc ne compte plus, aujourd'hui, que 4.000 membres concentrés essentiellement à Casablanca.
- Cette communauté juive est pour beaucoup dans les liens de "normalisation" "mossadistes" actuels, et pas seulement - comme le prétend la propagande officielle - dans le seul domaine économiques, entre l´état alaouite et l´état d´occupation juive.
- Si le juif et le conseiller principal de Mohamed VI - André Azoulay - est le plus connu des agents du Mossad au Maroc, il y a aujourd'hui des milliers d'agents secrets du Mossad qui travaillent activement au Maroc pour asseoir et encrer le pouvoir juif sur notre pays occupé dans tous les domaines et secteurs de notre vie politique, économique, culturelle et sociale. - A l´époque de l'Intrnet le site "www.dafina.net " (qui se définit comme "le net des Juifs du Maroc"), est l´un des filet électronique que le Mossad utilise pour le recrutement même des jeunes "recru" marocains aux service d'Israël: en commençant à leur faire écumer les célèbres boîtes de nuit de Tel-Aviv et avec l'aide de quelques "agences de voyage" du Mossad, à Casablanca notamment, qui proposent discrètement à leurs clients des séjours tous frais compris à partir de 10.000 dirhams. Le statut et le réseau social de ces "touristes" marocains d’un nouveau genre leur facilite également l’entrée sur le territoire palestinien occupé.
- Certains "Marocains" choisissent même de s’installer dans l’Etat d'occupation juive. Ainsi, c’est avec une note de suffisance non dissimulée que le quotidien israélien Yediot Aharonot, sous la plume de Yaakov Lappin, rapporte dans l’édition du 21 février 2007 l’histoire de Fayçal. G, un jeune Casablançais de confession musulmane résidant à Tel-Aviv. Fayce -pseudonyme choisi pour l’occasion - serait arrivé en Israël en 1997 pour étudier à l’Université de Tel-Aviv après des études secondaires dans un lycée juif de Casablanca.
- Fayçal travaille actuellement pour une société de NTIC à Tel Aviv et se dit déterminé à renouveler son visa étudiant - expiré voilà deux ans - malgré les réticences du ministère de l’Intérieur israélien.
- L’histoire de Fayçal, racontée en intégralité par Béni Issembert, un journaliste israélien d’origine française, a été publiée en France aux Editions Ram sous le titre "Fayce, le Je de la paix " ! Auquel il falait ajouter le sous-titre de "Produit typique du régime alaouite"!
- Ici et là, des supports de presse rapportent quant à eux des expulsions de prostituées marocaines "musulmanes" d’Israël qui y vendraient clandestinement leur chair le soir après leur journée de travail dans des usines et des ateliers. - L’association islamiste Mouvement Unicité et Réforme (MUR) dénonce carrément une « filière de prostitution marocaine en Israël ». Réseau mafieux juif qui, selon une organisation de résistance palestinienne, emploierait près de 600 jeunes filles maroco-musulmanes dans des villes israéliennes et des colonies juives, notamment en Cisjordanie occupée. Le "scoop" a même été repris par le quotidien arabe londonien Al Quds Al Arabi. - Voilà à quelle honteuse et humiliante situation ce régime "alaouite" juif nous a mené.
- En 1956, le sultan Mohamed V - sacralisé par les juifs - est de retour. “Pas un seul ministère ne se constitue sans un juif”, rappelle le juif Serge Berdugo, l'exemple le plus significatif étant celui du juif Dr Benzaquen, le ministre des PTT. Des juifs sont à l'Assemblée constituante, à l'OCP, dans les partis "nationalistes" etc...


- 1956 l'activisme du Mossad est relançé. Robert Assaraf le rappelle que c'est sous l'ombrelle des services israéliens que Mohamed Laghzaoui, alors chef de la Sûreté nationale, signe avec le représentant au Maroc du Congrès juif mondial un accord organisant l´exode des juifs vers la Palestine occupée.

- Ayant soutenue activement l'occupation colonialiste française, les juifs sont pris de panique à l'aube de l'indépendance et leur exode vers la Palestine occupée fut exacerbée par l'adhésion du Maroc, en 1958, à la Ligue arabe et à son très explicite corollaire, le Bureau de boycott arabe contre Israël. Car les juifs ont peur d'un Maroc indépendant et appartenant à sa nation arabo-islamique. Ils sont pour un Etat JUIF dans une Palestine qu'ils occupent et contre un Etat ISLAMIQUE libre dans un Maroc libéré !- Selon le juif Simon Lévy, ls visite au Maroc de Nasser, lors de la Conférence africaine de Casablanca en 1961, déclencha une vague de panique parmi les juifs restés au pays, qui s'enferment dans leurs mellahs. - Selon le juif Simon Lévy: le Misgueret (organisation clandestine fondée au Maroc par le Mossad ) organisa avec la collaboration personnelle de Hassan II l' attribution des passeports collectifs qui sont distribués directement à l'Agence juive. Bateaux de la Comanav, cars de la CTM et avions de la RAM étant réquisitionnés la nuit ou hors des heures de service normal.- Cinquante dollars américains par personne, au départ, est le prix fixé, comme l'expose auteur juif Agnès Bensimon dans son livre Histoire d'une émigration secrète. 500 000 dollars ont été directement versés à Hassan II à Genève, sous la couverture du HIAS, poursuit Robert Assaraf.

- “Hassan baâ Lihoud bzraâ”, dit la rue marocaine en référence à un accord agricole passé avec les Etats-Unis - dirigés aussi par le lobby juif.

Hassan II a-t-il vendu “ses” juifs ? Non! En fait Hassan II a vendu la Palestine aux juifs!

- Au total, quelque 100 000 juifs sont partis entre 1961 et 1967, dont plus d'un tiers pour la seule année1963.- A la suite de la Guerre des Six jours en 1967, le reste des juifs au Maroc prit panique en observant la réaction nationaliste fervente du peuples marocain. C'est aussi le temps du réveil du peupla marocain avec le boycottage des médecins, des commerçants et surtout des avocats juifs au Maroc. La lutte de la résistance contre l'occupation juive doit être totale ou pas ! Le Maroc est aussi devenu une Palestine occupée..aussi ... par les juifs !
Une récente dépêche de l´
AFP du 26 janvier 2008:
« Selon un livre écrit par un journaliste israélienet (publié vendredi 25 janvier 2008 par le journaliste israélien Shmouel Seguev, et préfacé par un ancien chef du Mossad, le service d’espionnage israélien, Ephraïm Halévy, et publié en hébreu par les éditions Matar sous le titre Le lien marocain) fourmille de détails sur les relations secrètes entre Israël et le Maroc.
(On y apprend que Ben Barka a rencontré en 1960 un haut responsable du Mossad pour lui demander - en vain - une aide financière... David Ben Gourion, le fondateur d’Israël, en a averti le souverain marocain), Meir Amit, doté d’un faux passeport, a rencontré à Marrakech le roi Hassan II pour lui déclarer :
« Nous pouvons et nous voulons vous aider.» Les instructeurs d’Israël ont ensuite entraîné des officiers marocains, formé des aviateurs au pilotage de Mig-17 soviétiques, organisé ses services secrets, surveillé la construction de la barrière entre le Maroc et l’Algérie, vendu des armes, y compris des chars AMX-13 français, et équipé des embarcations de pêche de radars pour les transformer en garde-côtes. En 1965, Israël a pu suivre le sommet arabe de Casablanca et a ainsi découvert l’impréparation des armées arabes bien avant la guerre de juin 1967. M. Seguev consacre aussi une place importante aux pourparlers du Mossad avec le roi Hassan II, qui ont préludé à la rencontre secrète au Maroc du ministre israélien des Affaires étrangères, Moshé Dayan, avec le vice-Premier ministre égyptien Hassan Al Toami, puis au voyage historique du président égyptien Anouar Sadate à Jérusalem en 1977. M. Seguev ancien capitaine des renseignements militaires, puis correspondant à Paris du quotidien Maariv, souligne dans un entretien à l’AFP qu’il a des liens très étroits avec les renseignements israéliens. »
A.F.P.






Fille juive israélienne de Hassan II, et soeur de Mohamed VI, demande de rencontrer son frère M6 ...




Le palais royal au Maroc "après réflexion" refuse de donner une réponse officielle à sa demande...

La juive israélienne Hedva Selaa, 53 ans, ancienne, soldate de l´armée d´occupation israélienne Tsahal, aujourd'hui réceptionniste dans un hôtel à Eilat, dit être la fille naturelle du "commandeur des croyants" Hassan II et soeur du "nouveau commandeur des croyants" marocains! C'est le "scoop" présenté - le 19 août 2005 - à la Une d'un supplément du quotidien israélien à grand tirage Yedioth Aharonot . Sous le titre "le roi et moi", Hedva (Selaa est le nom de son mari) pose avec une photo du roi défunt – un cliché censé souligner leur ressemblance. Intitulé "une princesse marocaine", l'article raconte la romance qu'aurait eue Anita Benzaquen, la mere de Hedva, en 1952, avec le prince héritier Moulay Hassan, alors âgé de 23 ans.
Deux enfants seraient nés des amours illégitimes du prince Hassan (future Hassan II) et de sa maîtresse juive Anita, nièce de Léon Benzaquen, figure de la communauté juive marocaine et futur ministre des PTT du premier gouvernement marocain sous Mohamed V. Si Jacky, l'aîné, refuse toujours de parler à la presse, Hedva, la cadette, a décidé de "tout révéler" 8 ans après le décés de sa mère Anita, en 1997. Une mère que Hedva n'hésite pas à qualifier de femme frivole et multipliant les aventures. "Un test ADN n'est pas envisageable, admet Hedva, et mon frere Jacky a brulé toutes les archives de notre mère apres sa mort". Son récit s'appuie sur des recoupements familiaux impressionants. Aussi, elle ne demande rien, et notamment pas d'argent. Son unique souhait, dit-elle, est de "rencontrer mon demi-frère, le roi Mohammed VI". Pour tenter de donner suite à cette demande, Yedioth Aharonot a, contacté Badreddine Radi, un fonctionnaire du ministere de la Communication à Rabat. Après "24 heures de réflexion", dit le quotidien israélien, M. Radi a répondu que le Maroc "ne donnera aucune réponse officielle à ce récit".






























Abdelkrim voulait-il une «république du Rif» ?



Une République marocaine au Maroc. Voilà le pari que s'était lancé l'un des Marocains les plus charismatiques de notre Histoire, Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi. On l'ignore trop souvent mais le Maroc, à travers l'action du grand leader rifain, a indirectement initié plusieurs des mouvements nationalistes du XXème siècle. La cause ? La fondation, en janvier 1923, de la République du Rif. Cette initiative, audacieuse en pleine ère coloniale, est la principale conséquence de la victoire rifaine d'Anoual contre les troupes espagnoles, en juillet 1921.L'indépendance territoriale du Rif acquise, Abdelkrim concrétisa son souhait de fédérer l'ensemble des tribus rifaines au sein d'un même Etat. L'expérience dura plus de trois ans. Dirigée par Abdelkrim, la République du Rif avait une capitale (Ajdir), des institutions, une armée, une monnaie, un drapeau et surtout un territoire acquis grâce à une victoire prestigieuse et historique. Proclamant sa modernité et son attachement à l'Islam, la République d'Abdelkrim était une menace pour les puissances occidentales colonisatrices, parmi lesquelles la France et l'Espagne, mais aussi pour la monarchie et le Makhzen alaouite, inquiet de voir son autorité sérieusement remise en cause sur le sol marocain. Les autorités françaises ont donc convenu d'une action commune avec l'Espagne pour éliminer la résistance rifaine. La capitulation d'Abdelkrim El Khattabi, le 27 mai 1926, signifia la fin de la République du Rif.

Quelle était l'implication de la gauche dans le putsch de 72 ?


Quelle était l'implication de la gauche dans le putsch de 72 ?
En 1972, la crise institutionnelle marocaine était à son paroxysme lorsque le régime fut menacé de disparition par un second coup d'Etat. Un an après celui de Skhirat, l'armée allait de nouveau être à l'origine d'un putsch militaire. Le 16 août, le Boeing 727 qui ramenait le roi Hassan II au Maroc après une visite en France, a été attaqué par quatre avions de chasse marocains.


Qui a provoqué les émeutes de Casa 1981 ?

Des grandes énigmes de l'histoire récente du Maroc, celle des émeutes de 1981 demeure aujourd'hui encore inexpliquée par le Pouvoir.Elle est également l'une des plus meurtrières, car le 20 juin de cette année-là, plus d'une centaine de Marocains ont été tués à Casablanca.
CE jour-là, les manifestants se sont transformés en émeutiers incontrôlables que seule la répression par la force pouvait contenir.
La cause première de l'agitation était la hausse brutale des prix des denrées alimentaires de base (30%).
Une augmentation inacceptable pour les milliers de manifestants qui ont décidé d'investir les rues casablancaises pour crier leur colère et leur inquiétude.
Le ministre de l'Intérieur de cette époque, Driss Basri, qui n´agissait que sur ordre de Hassan II, avait ordonné et dirigé personnellement les opérations de répression. Celles-ci ont été marquées par des tirs appuyés sur la foule et le nombre exact de tués est toujours inconnu.
Les responsables de la ville et des forces de sécurité se rejettent encore la responsabilité des émeutes de 1981.
Un ancien capitaine de gendarmerie a affirmé récemment que Basri aurait ordonné de « réprimer les émeutes par tous les moyens ».
A quand le jugement des coupables de ce que les familles des victimes considèrent comme « un crime contre l'humanité » ?
Les “Chouhada Al Koumira”Mai 1981,
le gouvernement de Maâti Bouabid annonce une hausse des prix des principales denrées alimentaires. Une hausse justifiée par l’évolution des cours mondiaux de ces produits et l’incapacité de la Caisse de compensation d’en soutenir les charges. Les syndicats et les partis d’opposition, USFP en tête, montent au créneau et demandent l’annulation de ces hausses ainsi qu’une revalorisation du SMIG. Devant l’intransigeance du gouvernement et sous la pression des courants radicaux au sein de l’USFP et la CDT, un mouvement de grève générale est décrété par la centrale syndicale. Le 20 juin, la mobilisation est forte, le mouvement largement suivi. Dans le quartier de Hay Mohammadi, à Casablanca, des heurts violents ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les grévistes. La tension gagne d’autres quartiers de la ville et la grève se transforme en émeutes populaires, qui dépassent de par leur ampleur l’encadrement des syndicats. La répression a été d’une brutalité inouïe. Bilan : plus de 200 morts, selon les syndicats et l'opposition (officiellement 70), dont la plupart ont été enterrés dans des fosses communes et anonymes. L’Etat marocain joue le durcissement à l’égard de l’opposition, en arrêtant des membres de l’USFP et de la CDT.Nouvelle décennie, nouvelle crise sociale et politique. En décembre 1990, le Maroc vit au rythme de la crise du Golfe. Malgré les trésors d’habileté politique et diplomatique déployés par Hassan II, pour tenir une position équilibrée dans le conflit, l’opposition marocaine demeurait farouchement hostile à toute forme d’intervention contre l’Irak. Surtout, la question offrait à l'opposition et aux syndicats une occasion inespérée de se repositionner sur le créneau de la contestation politique et sociale face à la nouvelle force montante : les islamistes. Le 14 décembre 1990, l’UMT (Union marocaine du travail) et l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc) observent une grève générale, avec l’appui de l’USFP et l’Istiqlal. Mais cette fois-ci, c’est la ville de Fès qui connaîtra des affrontements entre grévistes (appuyés par les étudiants) et forces de l’ordre, qui dégénéreront en émeutes populaires, à nouveau férocement réprimées.

Qui fut vraiment Cheikh El Arab ?




Ahmed Agouliz était Cheikh El Arab. Un simple militant du mouvement national devenu l'icône d'une génération de déçus de l'indépendance du Maroc, celle qui a vécu terriblement les premières années post 1956.
Qualifié souvent de rebelle ou de révolté, Ahmed Agouliz était l'un des fondateurs du mouvement de Résistance dans le Souss et membre de l'Armée de Libération.
Cheikh El Arab était son pseudonyme le plus connu mais il en avait plusieurs autres. Son identité devait rester la plus floue possible car il était une cible très recherchée de la police marocaine, notamment à cause de son implication dans le "complot de 1963 ". A ce propos d'ailleurs, il avait été condamné à mort par contumace suite à un procès historique par le nombre d'accusés (plus d'une centaine), au début de l'année 1964. Homme de terrain plus que de paroles, Cheikh El Arab était persuadé de l'utilité d'agir par la force pour renverser un régime dont il redoutait l'autoritarisme.
Il estimait aussi que le Maroc n'était indépendant que dans les textes, que peu de changements avaient été opérés depuis 1956 afin de lui assurer une véritable indépendance.
Devenu membre de l'U.N.F.P. (Union Nationale des Forces Populaires) à la fin des années cinquante, Cheikh El Arab était issu de la frange la plus radicale du parti.
Il a finalement été tué par les forces de police le 7 août 1964, après une cavale de plusieurs mois.

مجلة إسرائيلية في الأكشاك المغربية ووزير



من الآن فصاعدا ومقابل 25 درهما فقط لا غير، يمكن للقارئ
المغربي أن يطلع على عصارة الفكر الصهيوني من خلال
شهرية إسرائيل ماغازين « ISRAEL MAGAZINE»
التي انتظرت عشر سنوات –أي منذ ميلادها- لتقتحم أول
سوق عربية بفضل شركة «شوسبريس» المغربية الشريفة
التي تضطلع بمهمة توزيعها في بلد أغلق مكتب الاتصال
الإسرائيلي وتناسى إغلاق منافذ أخرى لتغلغل الخطاب
الصهيوني الذي إن طردته من الباب عاد من النافذة
وصل إذن هذا الأسبوع العدد رقم 101 من مجلة «إسرائيل
ماغازين» (بتاريخ يوليوز2009) إلى أكشاكنا المغربية
وسيكون من عبث العابثين التذكير بأن الحكومة المغربية
سمحت لهذه المجلة الصهيونية بأن تلجأ إلى السوق المغربية،
مرتبطة باتفاقيات والتزامات مع مخلوق عجائبي اسمه
«الجامعة العربية» تقضي بمقاطعة إسرائيل ومنتوجاتها وبضائعها حتى البضائع الإعلامية منها
ولعل الذين منحوا تأشيرة الدخول إلى السوق المغربية لهذه «التحفة» الصهيونية انبهروا بمقالاتها حيث تتحدث عن «التقدميين العرب» الذين يرفضون أن يتحولوا إلى «إرهابيين». وقد أوصت المجلة خيرا بهؤلاء العرب «المعتدلين» الذين حاولوا حسب مجلة «إسرائيل ماغازين». أن «يعيدوا النظر في النظام التربوي العربي ومقاربتهم للإسلام في اتجاه التطبيع الكامل والشامل مع «دولة إسرائيل». واعترفت المجلة الصهيونية مع ذلك بـ«شجاعة التقدميين العرب الذين يخاطرون بحياتهم» فداء لإسرائيل، ودعت إلى «بذل كل الجهود من أجل دعمهم». بكلمة أخرى تدعو المجلة إلى عملية قيصرية تسفر عن ميلاد «الصهاينة العرب»، وربما ستدعو في أعداد قادمة حكومة نتنياهو إلى إحداث وزارة إسرائيلية لدعم «الصهيونية العربية» وتمويلها وفتح كافة القنوات الدولية أمام توسعها وانتشارها عالميا حتى يتحول بعض العرب إلى مُبشّرين بتعاليم هرتزل بالوكالة عن الموساد والجمعيات الصهيونية النافذة من قبيل «إيباك» الأمريكية التي تتحكم في القرار الأمريكي المتصهين إلى أبعد الحدود. فتح وزير الاتصال الباب لمجلة «إسرائيل ماغازين» بالمغرب. لكنَّ صوتَها هنا سيظل مبحوحا، كما أن كاتم صوتها سيظل هو ذلك الإيمان المغربي العميق بعدالة الحق الفلسطيني، رغم الأصوات النشاز التي تَبْرزُ هنا بين الفينة والأخرى. لكن تأكدوا أن خُفَّاشاً صهيونيا واحدا لن يصنع أبدا ربيع الصهيونية في بلد يملك من الحصانة ما يكفي ضد «المُطَبّْعين بلا حدود.






Le système des palais

Les trois hommes qui ont comparu jeudi 24 janvier devant la Cour d'appel de Salé ont la particularité d'exercer leur métier à l'intérieur d'un palais ou d'une résidence royale. Un majordome, un préposé au courrier et un agent de sécurité. Les trois hommes sont poursuivis, d'après les volumineux dossiers d'inculpation, pour complicité dans une affaire de détournement d'agréments royaux. Rien que du banal, de
l'ordinaire, un procès comme un autre. Depuis quelques années, il est devenu “normal” de voir le petit personnel des palais et résidences de Mohammed VI traîné en justice, dans des procès ouverts au public.Et pourtant. Il n'y a pas si longtemps encore, les affaires liées aux palais royaux relevaient quasiment du secret d'Etat. Personne n'y trouvait à redire. Les demeures du roi, pensait-on alors, abritent la vie personnelle, intime, du chef de l'Etat, ses indiscrétions, ses petits riens du quotidien. Tout un (petit) monde secret, parallèle, lointain, parfaitement verrouillé de l'extérieur mais bien soumis, malgré lui, à l'instar de n'importe quel domaine privé, aux indélicatesses du nombreux personnel (jugé) nécessaire à son bon fonctionnement. Changement de cap. Après des années de black-out total, les “ressources humaines” du Palais font aujourd'hui la Une des journaux. Dans la rubrique judiciaire le plus souvent. Une conséquence du coup de balai passé par Mohammed VI dans les palais de Hassan II. Un peu comme on se refait une déco plus à son goût.

L'omerta sous Hassan II

“C'est justement pour éviter les déballages publics que l'on évitait du temps de Hassan II de recourir à la justice dans ce genre d'affaires. Le défunt roi était intransigeant : ce qui se passait au palais devait se régler dans l'enceinte du palais, à l'abri des regards du public”, nous informe cet ancien fonctionnaire de la maison royale. “Les contrevenants étaient habituellement sanctionnés dans la discrétion la plus absolue. Le plus souvent, ils écopaient de périodes d'emprisonnement plus ou moins longues dans des cellules spécialement aménagées au sein même du palais. Mais parfois, aussi, il arrivait que des employés fautifs, généralement subalternes, soient condamnés à des châtiments corporels (coups de fouet) administrés par Abid El Afia (les esclaves du feu - lire encadré ci-dessous)”, résume un diplomate retraité, bon connaisseur du protocole royal. Résultat de l'omerta, le linge sale était lavé en famille, sans témoins, selon des rites moyennageux (et bien entendu illégaux).Et du linge sale, il y en a eu sous le règne de Hassan II. Mais pas de lavomatic médiatique : “Des affaires de vol et de détournement, en passant par les intrigues des courtisans et courtisanes, jusqu'aux scandales de mœurs réglés en catimini, ce ne sont pas les histoires scabreuses qui manquent. La plus marquante reste, bien évidemment, celle de Hicham Mandari”, se souvient notre source. Mandari, donc, qui, avant de se retrouver mort d'une balle dans la tête en 2004, fut à l'origine de plusieurs vols de documents secrets, de chèques et de bijoux dérobés du coffre-fort personnel de Hassan II, grâce à un réseau de complicités tissé au sein du harem royal. Dans le saint des saints. Signe d'un défaut de fonctionnement évident dans la cuirasse ultime.

Majidi, maître des clés

Mohammed VI aura eu tout le temps de tirer de précieux enseignements des indélicatesses de Mandari, qui ont pollué les derniers souffles du règne de Hassan II. Aussitôt intronisé, le jeune roi décide de remettre les compteurs à zéro en s'entourant d'une nouvelle garde. Au bout d'une brève période de transition, le personnel du Palais subit lentement mais sûrement une purge qui ne dit pas son nom. Les anciens hommes de confiance de Hassan II sont priés de déguerpir les uns après les autres, pour laisser place à de nouvelles têtes. “Hassan II les choisissait selon des critères purement affectifs sans tenir forcément compte de leur compétence, mais parce qu'il appréciait spécialement leur compagnie, comme pour son conseiller Ahmed Reda Guedira ou son chambellan Brahim Frej”, rappelle un ancien ministre. Mohammed VI, lui, va pêcher son secrétaire particulier dans le monde de la finance, en la personne de Mounir Majidi. Un secrétaire particulier du roi ne tape pas à la machine, il gère les palais et la fortune royale. Le monarque, qui préfère faire confiance à un homme rompu aux méthodes de management et de gestion, confie de surcroît le rôle de chambellan à Majidi. Bien avant sa nomination officielle, ce dernier s'emploie d'ailleurs à introduire de nouvelles méthodes pour “gérer” les palais royaux.C'est Majidi qui souffle notamment au roi, au lendemain de son intronisation, l'idée d'un audit généralisé de l'ensemble des palais et résidences royales. “Le premier but de cet audit était d'inventorier l'ensemble des biens présents dans ces palais, mais également de définir leurs vrais besoins et les budgets nécessaires à leur fonctionnement. Mohammed VI voulait optimiser la gestion des ressources de ses palais et, surtout, réduire leurs dépenses qui avaient atteint des dimensions vertigineuses durant le règne de son père et qui continuaient à augmenter même après sa mort”, explique un connaisseur de la cour royale.Composée de jeunes limiers de la comptabilité et du management, issus pour la plupart du holding royal SIGER, l'équipe de Majidi accomplit alors un véritable travail de fourmi. Les livres de comptes des divers palais et résidences royales, éparpillés aux quatre coins du royaume, sont passés au peigne fin. Fruit de plusieurs mois de dur labeur, le rapport d'audit que Majidi soumet au roi met à nu les nombreuses anomalies de gestion héritées de l'ère hassanienne. Commentaire de notre source : “Les malversations et les dysfonctionnements étaient tellement nombreux qu'il aurait fallu renvoyer l'ensemble du personnel des palais royaux, poursuivre en justice une bonne moitié et remplacer tout ce beau monde par de nouvelles recrues” ! Evidemment, il n'en sera rien. Le secrétaire particulier du roi opte plutôt pour la persuasion et l'effet d'annonce. De façon presque simultanée, plusieurs poursuites pour vols et détournements de biens du palais sont enclenchées aux quatre coins du royaume. Pour la première fois dans l'histoire de la monarchie marocaine, des membres du personnel royal sont traduits en justice.

Des scandales à la pelle

L'affaire la plus médiatisée éclate durant l'été 2004 avec, pour héros principal, Mustapha Hilali, le conservateur du palais d'Agadir. Accusé de malversations et de détournements des fonds du palais, ce colonel à la retraite est traduit en justice et condamné à cinq ans de prison. Mais une source proche de sa famille nous a confié que “le colonel Hilali a été relâché en appel pour être poursuivi en état de liberté provisoire, avant que le roi ne lui accorde tout récemment sa grâce”. Une chance que n'aura pas Hassan Zoubaïri, l'un des dix-neuf accusés dans l'affaire de vol et de détournement des stocks du palais royal de Marrakech. Un autre scandale impliquant le “petit personnel”. Appréhendé au début du mois de septembre 2005 avec son frère Mehdi, ce commerçant qui fournissait le palais en denrées alimentaires, décédera sous la torture au commissariat de police de Jamâa El Fna. Le principal accusé, l'officier intendant du palais de Marrakech, écope quant à lui de trois ans de prison. Entre-temps, un autre scandale éclate dans la résidence royale de Dar Essalam à Rabat : la célèbre affaire de “la vaisselle royale” (vol d'ustensiles de prix frappés des armes du défunt roi) qui aboutit à l'arrestation et à la condamnation d'une dizaine de personnes, pour la plupart travaillant dans cette résidence.Durant l'été 2006, la colère royale s'abat, pour des raisons autrement plus graves, sur le directeur de la sécurité des palais, Abdelaziz Izzou. Poursuivi pour ses relations suspectes avec le narcotrafiquant Cherif Bin Louidane, Izzou est actuellement incarcéré à la prison de Oukacha à Casablanca. Ironie du sort, c'est ce même Izzou qui avait dirigé, une année avant sa chute, l'enquête sur les vols dans le palais royal de Marrakech ! “Dès le déclenchement de cette affaire, les instructions étaient claires. L'affaire Izzou devait être liquidée très rapidement pour éviter que le procès ne s'éternise, donnant lieu à des déclarations et à des révélations plus embarrassantes les unes que les autres”, explique une source proche du dossier. Instructions ou pas, l'affaire Izzou semble aujourd'hui bien partie pour durer. Après deux premières audiences où l'ancien directeur de la sécurité des palais fut très bavard, une troisième audience devait avoir lieu le mercredi 30 janvier à la cour d'appel de Casablanca.La tour de visEn parallèle à cette vague de poursuites, Mounir Majidi redéfinit les procédures de gestion des budgets alloués au fonctionnement des palais. Désormais, et contrairement aux procédures souples en vigueur sous Hassan II, les dépenses des palais doivent être avalisées par Rabat. Des dépenses revues à la baisse de surcroît. Au grand dam du personnel des palais, qui regrette le faste d'antan. “La belle époque de Hassan II est révolue. Désormais, dans le palais, il n'y a plus que chalada (salade) et eau plate. C'est la diète forcée pour tous”, confiait à la presse, il y a quelques années, un employé de la maison royale. L'interdiction d'utiliser les cuisines en l'absence de Mohammed VI suscite toujours autant de remous chez les gens du Palais. “Du temps de Hassan II, l'ensemble des palais et résidences devaient êtres apprêtés comme si le monarque allait y débarquer à n'importe quel moment. Des buffets somptueux étaient dressés plusieurs fois par jour, alors qu'on savait que le roi était à l'autre bout du Maroc, voire à l'étranger”, explique un ancien du palais de Tanger. Hassan II retenu ailleurs, les serviteurs appréciaient ce buffet “open”, qu'ils se partageaient à la fin de la journée.Dans la foulée, Mohammed VI décide également que le ravitaillement des palais soit établi selon leurs vrais besoins, sans plus. L'achat et le stockage de denrées alimentaires, mais également l'octroi des bons de carburant, se font désormais en fonction de la fréquentation (par Mohammed VI) des palais et résidences royales. “Les palais et résidences désertés depuis plusieurs années par Mohammed VI, comme celle des Sablons à Salé, ou l'estivage royal de Skhirat, la résidence de la plage de Témara, le palais royal d'Ifrane ou encore la ferme royale de Bouznika, ont vu ainsi leurs dépenses réduites au strict minimum”, nous confie un ancien fonctionnaire du protocole royal. “Du temps de l'ancien chambellan, Brahim Frej, beaucoup parmi le personnel se servaient dans la caisse et les ressources du palais. Du colonel, en passant par le commissaire, jusqu'au simple capitaine, des agents de l'Etat de divers corps et de divers grades s'approvisionnaient en denrées de toutes sortes et en carburant dans les domaines et les résidences royales”, poursuit notre interlocuteur.Mais les changements les plus spectaculaires sont introduits au niveau du protocole royal. En plus de la dissolution des harems de Hassan II, plusieurs corporations de serviteurs du Palais ont été réduites au strict minimum. D'autres ont tout simplement disparu. C'est notamment le cas de Abid El Afia (Esclaves du feu), qui faisaient dans le passé la police parmi les serviteurs du palais. Entamé dès la mort du général Moulay Hafid El Alaoui, à la fin des années 80, ce processus de changement commence timidement avec l'avènement de Abdelhak Lamrini au poste, plutôt symbolique, de directeur du Protocole royal et de la chancellerie. Il s'intensifie sous le règne de Mohammed VI qui, tout en restant attaché au protocole, désire y imposer sa griffe personnelle. “Certaines pratiques rétrogrades, telles que l'enveloppement de la main du roi dans du tissu avant de l'embrasser par un serviteur, ont été bannies. Mohammed VI a aussi mis fin au rituel de la Belgha, selon lequel un serviteur le chausse et le déchausse à son entrée et à sa sortie de la mosquée”.

La tour de vis

est pourtant restée sans incidence sur le budget alloué chaque année par l'Etat au fonctionnement des palais. “En huit années de règne de Mohammed VI, le budget de la monarchie, notamment la rubrique consacrée aux dépenses de la cour royale, n'a connu aucune baisse. Bien au contraire, le crédit alloué à l'achat de matériel et aux dépenses diverses de la cour atteint en 2008 environ 1,5 milliard de dirhams. Soit une augmentation de plus de 25 millions de dirhams par rapport à 2007 et plus de 179 millions par rapport à 2006”, s'étonne un député. Inflation ou pas, le budget est toujours passé comme une lettre à la poste, un état de fait qui (per)dure depuis 1958, date de l'instauration de la première liste civile et du premier budget étatique alloué à la monarchie sous le gouvernement de Abdellah Ibrahim. “C'est Abderrahim Bouabid, alors ministre des Finances, qui a élaboré ce budget suite à l'insistance de Mohammed V. Rares sont les députés qui ont osé le discuter. Pourtant, ce ne sont pas les fortes têtes qui manquaient à l'époque”, se rappelle un ancien compagnon de Bouabid. Assez modeste au début, le budget de la monarchie augmente d'année en année. Avec l'intronisation de Hassan II, il s'emballe même, avant d'atteindre des sommets durant l'état d'exception décrété en 1965. C'est précisément durant cette période que la plupart des palais et résidences existants aujourd'hui sont construits ou restaurés.

À palais, palais et demi

Pour bien saisir l'importance de la “carte” des palais et des budgets qui leurs sont alloués, il est nécessaire de retourner, donc, à l'époque hassanienne. “Hassan II n'a hérité de Mohammed V que de quatre palais véritablement habitables : celui de Casablanca, qui sera agrandi et restauré par la suite, le palais de Rabat, qui sera lui aussi étendu et enrichi de nouvelles ailes, le palais d'Ifrane qui a été légué par les Français puis modernisé et agrandi par les Marocains. Et enfin, l'actuelle résidence royale de Dar Essalam au quartier Souissi, qui s'appelait dans le temps Ksar Essalam”, énumère un historien. à Skhirat, Hassan II se dote d'une résidence aux allures de palais mais qui, officiellement, porte le nom plus discret de Moustaf Malaki (estivage royal). Une vingtaine de kilomètres plus au sud, à Bouznika, il fait construire une autre bâtisse prestigieuse qu'il nomme officiellement Mazraâ Malakia (ferme royale). La première demeure construite pour et par le roi défunt, et portant le titre de palais royal, est érigée sur les hauteurs de Tanger, précisément au Jbel Lkbir (la grande montagne). Suivra le palais d'Agadir, tandis que les palais de Marrakech, Fès, Meknès, Tétouan, Casablanca, Rabat et Ifrane sont relookés par l'architecte français André Paccard. Le gros-œuvre est, quant à lui, confié à un autre proche du Palais, l'entrepreneur Mohamed El Mernissi. Cette frénésie dure jusqu'au milieu des années 90, avec l'inauguration d'un deuxième palais à Agadir et d'un autre à Erfoud, construit sur les ruines d'un ancien hôtel. Ceci sans oublier la flopée de résidences qui essaiment comme des champignons de part et d'autre du Maroc… à l'exception notable des provinces du Sud.Pour gérer cet empire immobilier, Hassan II crée au début des années 80 un nouveau ministère complètement indépendant du gouvernement : le ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie, qu'il confie au général Moulay Hafid El Alaoui, proche parmi les proches. C'est un faux ministère et un vrai tour de passe-passe : “En mettant son parc de palais et de résidences sous la houlette de ce ministère, Hassan II se déchargeait judicieusement du fardeau financier lié à leur gestion. Et en vertu d'un étonnant statut hybride, ni public, ni privé, ces palais, dont le fonctionnement était désormais financé par les deniers publics, restaient malgré tout sous la totale emprise royale”, se souvient un ancien ministre. Pour soulager davantage les finances de Hassan II, Moulay Hafid El Alaoui, qui s'avère d'une efficacité redoutable, sort de son chapeau une deuxième astuce : il recrute l'essentiel du personnel des palais en puisant dans les ressources humaines des offices et départements ministériels, ces derniers assumant de facto le paiement des salaires versés aux employés de Sa Majesté. En plus des médecins employés dans les nombreux dispensaires royaux, des cadres financiers issus du ministère des Finances et des techniciens de divers ministères, le Palais “se sert” ainsi dans les effectifs des employés de la promotion nationale. A un niveau supérieur, les conservateurs des palais et les intendants sont eux aussi recrutés le plus souvent parmi les officiers supérieurs de l'armée… qui continue à leur verser leurs soldes. Et pour boucler la boucle, le Palais commence à se ravitailler chez des entreprises appartenant au… roi ! Qu’il paie, on imagine, rubis sur l’ongle. Une nouvelle astuce que l'on doit, cette fois, à Brahim Frej, fidèle chambellan de Hassan II.

Autarcie, quand tu nous tiens

Chargé de fructifier la fortune de son roi, Frej fait donc en sorte qu'une bonne partie du ravitaillement des palais soit assurée par des filiales de Siger (anagramme de Regis, roi en latin), le holding royal qu'il dirigeait. Parmi ces filiales, Primarios fournit l'essentiel de l'immobilier et des objets de décoration présents dans les palais et résidences royales. Cette société fabrique, entre autres, les kitchissimes fauteuils capitonnés et les fameuses tentures dorées du palais qui meublent les photos officielles du Matin du Sahara.Au registre denrées alimentaires, le Palais se ravitaille en produits laitiers, viandes, fruits et légumes auprès des Domaines Agricoles. Anciennement appelée Domaines Royaux, cette société privée est également une filiale de Siger. Elle dispose de plusieurs exploitations dont la plus célèbre, celle de Douiet dans la région de Fès, fournit le fameux Chergui, l'unique marque de produits laitiers qui a droit de cité dans les cuisines royales depuis des décennies. Abritant un pavillon royal (évidemment meublé par Primarios), le domaine de Douiet s'étend sur plusieurs milliers d'hectares et compte en son sein un lac de cent hectares. Autre fournisseur du Palais, le domaine de la résidence du lac à Salé fournit essentiellement des fruits et végétaux.C'est donc ce système dont a hérité, aujourd'hui, Mohammed VI. Un système qu'il a su, avec l'aide notamment de son secrétaire particulier, moderniser, développer, auditer… et fructifier. Mais pas seulement. Un familier de la Cour explique : “Emporté par son élan réformateur, Mohammed VI a songé au début des années 2000 à ouvrir certains de ses palais au public et aux touristes”. Carrément. A Casablanca, on a même évoqué l'inauguration d'un musée au palais des Habous. “Du temps de Mohammed V, les gens pouvaient accéder à certains palais tels que Ksar Essalam à Rabat, au mausolée de Moulay El Hassan dans le palais de Rabat et au palais des Habous à Casablanca. Ces visites ont perduré jusqu'aux premières années du règne de Hassan II, avant d'être brutalement interdites”, poursuit notre source.Après les attentats de mai 2003, Mohammed VI a pourtant fini par abandonner ce projet qui aurait pu permettre aux Marocains de percer, ne serait-ce que partiellement, le secret de la Cour et de ses fastes. Les palais se sont donc refermés comme des huîtres. Durant l'année 2005, plusieurs immeubles privés sont même détruits, notamment à Marrakech et à Agadir, à cause de leur trop grande proximité avec un palais royal. à Rabat, sécurité oblige, le quartier Touarga, qui abrite le palais royal du Méchouar, le palais Riad et le palais Diafa, est désormais fermé aux passants et aux automobilistes. Les palais sont retournés au silence. “Mais il reste les procès publics faits au petit personnel pour permettre à l'opinion publique de suivre, même de loin, le déroulement (d'une partie) de la vie à l'intérieur des palais”, rappelle, un brin ironique, notre interlocuteur. C’est toujours ça de gagné.

Par: Majdoulein El Atouabi
avec Hassan Hamdani .


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Dans son ouvrage de référence, Le protocole et les usages au Maroc, des origines à nos jours publié en 1971, Mohamed El Alami, membre du cabinet de l'ancien Premier ministre Abdellah Ibrahim, énumère une dizaine de corporations de serviteurs et de métiers qui évoluent depuis toujours au sein des palais : la corporation des porteurs des fusils royaux, la corporation des gens de thé, la corporation des gens de lit, la corporation des gens de tapis de prière, la corporation des gens de l'eau, la corporation des bouchers, la corporation des gens de bains, la corporation des gens de l'écurie dirigée par Caïd Er-Rua. En plus des servantes de la cour, dirigées par une “Arifa Dar” (gouvernante). Si la plupart de ces corporations ont disparu avec le temps, certaines ont survécu. C'est notamment le cas des Mchaouriya, agents chargés de communiquer les instructions royales et d'assurer la sécurité du souverain. Reconnaissables grâce à leurs chéchias et leurs caftans ouverts, ce sont eux qui prononcent la fameuse invocation “Allah Ybarek Fi Aamer Sidi”. Accessoirement, ils s'occupent également d'exécuter certains châtiments prononcés par le roi. Mais dans un passé récent, ce rôle était surtout rempli par Abid Al Afia (littéralement “les esclaves du feu”). L'autre survivance du passé est la corporation des Mzarek, Mkhaznia porteurs de lances lors des processions royales. Toujours selon Mohamed El Alami, jusqu'aux dernières années du règne de Hassan II, certains palais du royaume continuaient toujours à abriter parmi leurs murs de vieux eunuques appelés “Al Makhssiyine” en arabe classique et “At-Tauwachya” dans le jargon du Palais.
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Situé à Founty, à proximité de la plage, le palais royal d'Agadir a été l'objet de tous les fantasmes du temps de Hassan II. La demeure, construite sur ordre du roi défunt au début des années 90, a été brutalement (et mystérieusement) délaissée par lui. Les récits les plus fous affirment que Hassan II a déserté les lieux, suite à des phénomènes paranormaux survenus dans le palais. Certains sont allés jusqu'à évoquer “un jenn apparu devant Hassan II pour lui ordonner de vider les lieux”. Un mauvais génie, donc, qui aurait menacé de maudire le roi et sa famille, promettant à Hassan II tous les malheurs du monde en cas de non-obéissance… D'autres rumeurs, toujours dans le style X-files, mais plus en liaison avec l'actualité politique, affirment que le Polisario possédait les plans du palais d'Agadir ! Loin des délires du téléphone arabe, la réalité est évidemment plus prosaïque, très téléfilm marocain sans envergure : “Hassan II était asthmatique. L'humidité était trop élevée dans la zone où a été érigé le palais. Ses médecins lui ont tout simplement conseillé d'éviter l'endroit”, nous explique un ancien responsable de la sécurité royale.